Publication – Radio et mobilisations. Quand la radio fait bouger les lignes

Thierry Lefebvre et Sebastien Poulain sont heureux de vous annoncer la parution du dossier thématique « Radio et mobilisations. Quand la radio fait bouger les lignes », qui compose le numéro 8 de la revue numérique et en libre accès RadioMorphoses. C’est le 3e ensemble que nous co-dirigeons, après Radios libres, 30 ans de FM. La parole libérée ? (L’Harmattan/Ina Éditions, 2016) et Les Radios locales : histoires, territoires et réseaux (L’Harmattan/Ina Éditions, 2021).

Ont collaboré à ce dossier : Olga Bautista Cosa, Carla Bezanilla Rebollo, Raffaello Doro, Marie Fierens, Ingrid Hayes, Armande Désirée Koffi-Kra, Thierry Lefebvre, Wisnique Panier, Félix Patiès, José Emilio Pérez Martínez, Pauline Picot, Sebastien Poulain, Ornella Rovetta, Michel Sénécal, Lassané Yaméogo.

Citons aussi Simon Ngono, Lolita Voisin et Olivier Gaudin, qui ont publié des articles varia dans le même numéro.

Nous remercions tous ces auteurs et toutes ces autrices. Nous remercions l’équipe éditoriale de RadioMorphoses, dont Pascal Ricaud et bien évidemment Nozha Smati.

Vous trouverez les biographies des auteurs et autrices du dossier ici. Vous trouverez le sommaire ici. Ces liens hypertextes du sommaire et des biographies vous mèneront à des présentations des articles.

Thierry Lefebvre et Sebastien Poulain dédient cet ouvrage à Didier de Plaige – de son vrai nom Didier Garanger – né le 2 mai 1948 et décédé le 26 décembre 2022. Il était le dirigeant et co-fondateur, avec Guy Skornik, le 21 juin 1980 à 23h, de la très mobilisatrice Radio Ici & Maintenant. Le premier morceau de musique qui y fut diffusé fut Rainbow in Curved Air de Terry Riley. Thierry Lefebvre a publié plusieurs articles sur Didier de Plaige ici.

Thierry Lefebvre a présenté le numéro 8 ici.

Voici la présentation qui est faite par Pascal Ricaud dans la communication (Legram, SFSIC, CRICIS) :

« Le dossier propose 10 contributions, pour certaines à vocation historique (histoire des radios libres italiennes, Radio Lorraine Coeur d’Acier, Radio Libertaire et la Guerre du Golfe), d’autres abordant des terrains et problématiques plus contemporaines (le Podcast Radio Conchita à Paris et les immigrants espagnols, le Burkina Faso et la mobilisation contre la Covid 19, la participation de la diaspora Haïtienne au débat radiophonique, la radio militante Fréquence Paris Plurielle, journalisme et politique nationale au Burundi, le journalisme de paix en RDC), avec une réflexion préalable de Michel Sénécal (« Historicité de la radiophonie et conflictualités sociales »). Ce numéro compte aussi 2 varia (à propos de Freedom FM au Cameroun et un papier sur les expériences radiophoniques dans une formation de paysagistes). »

Publicité

Sommaire – Radio et mobilisations. Quand la radio fait bouger les lignes

Voici le sommaire du dossier du 8ème numéro de RadioMorphoses « Radio et mobilisations. Quand la radio fait bouger les lignes » dont on peut trouver les biographies des auteurs et autrices ici.

Introduction : Les mobilisations radiophoniques à distance et de proximité

Thierry Lefebvre et Sebastien Poulain

Présentation du texte à consulter en cliquant ici.

Historicité de la radiophonie et conflictualités sociales

Michel Sénécal

Présentation du texte à consulter en cliquant ici.

De la clandestinité au web: radios libres italiennes et mobilité des années Soixante-dix à l’arrivée de Internet (1970-2001)

Raffaello Doro

Présentation du texte à consulter en cliquant ici.

Radio Lorraine Cœur d’Acier, Longwy, 1979-1980, un outil pour mobiliser les travailleurs immigrés ?

Ingrid Hayes

Présentation à consulter en cliquant ici.

Activismo feminista y emigración: el caso del podcast Radio Conchita y las migrantes españolas en París (2019-2021)

Olga Bautista Cosa, Carla Bezanilla Rebollo et José Emilio Pérez Martínez

Présentation à consulter en cliquant ici.

La radio et le défi de la mobilisation contre la pandémie de covid 19 : l’exemple des personnes déplacées internes à Kaya, Pissila et Kongoussi au Burkina Faso

Lassané Yaméogo et Emma Heywood

Présentation à consulter en cliquant ici.

Les fondements des relations entre les Haïtiens de la diaspora et Haïti : transnationalisme et participation au débat radiophonique

Wisnique Panier

Présentation à consulter en cliquant ici.

Fréquence Paris Plurielle : un « outil pour le mouvement » ?

Pauline Picot

Présentation à consulter en cliquant ici.

« Si on est seul, qu’on nous le dise ». Burundi : Journalisme, politique nationale et diplomatie internationale

Marie Fierens et Ornella Rovetta

Présentation à consulter en cliquant ici.

Analyser la mise en œuvre du journalisme de paix à travers les radios de paix : le cas de la radio Okapi en République démocratique du Congo

Armande Désirée Koffi-Kra

Présentation à consulter en cliquant ici.

La mobilisation de Radio Libertaire face à la première guerre du Golfe en 1990 – 1991

Félix Patiès

Présentation à consulter en cliquant ici.

Biographies des auteurs et autrices de Radio et mobilisations. Quand la radio fait bouger les lignes :

Voici les biographies des auteurs et autrices de « Radio et mobilisations. Quand la radio fait bouger les lignes » :

Olga Bautista Cosa

Docteure en Socio-Anthropologie par l’Universidad Complutense de Madrid.

Présentation de son article ici.

Carla Bezanilla Rebollo

Doctorante à l’Université Paris 8 (LER) et à Universitat de València.

Présentation de son article ici.

Raffaello Doro

Professeur à contrat en histoire contemporaine,

DEIM, Université de Viterbe, Italie.

Présentation de son article ici.

Marie Fierens

Maître de conférences à l’Université libre Bruxelles (Belgique) et chercheuse au Centre de recherche en Information et Communication.

Présentation de son article ici.

Ingrid Hayes

Maîtresse de conférences en histoire.

Université Paris Ouest Nanterre (IDHES, UMR 8533).

Présentation de son article ici.

Emma Heywood

Chercheuse et maîtresse de conférences en journalisme, radio et communication à l’université de Sheffield, Royaume-Uni

Présentation de son article ici.

Armande Désirée Koffi-Kra

Armande Désirée Koffi-Kra

Docteure en communication publique obtenu à l’Université Laval au Canada en juin 2021 et membre du Centre Interdisciplinaire de recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient (CIRAM), Université Laval (Québec, Canada).

Présentation de son article ici.

Thierry Lefebvre

Membre du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS).

Présentation de son article ici.

Wisnique Panier

Doctorant en communication publique au département d’information et de communication de la Faculté des lettres de l’université Laval. Il est membre de la commission recherche de l’Université Laval (CRUL) et membre fondateur du Centre d’études interdisciplinaires sur les médias haïtiens (CEIMH).

Présentation de son article ici.

Félix Patiès

Félix Patiès

Enseignant d’histoire dans le secondaire. A Soutenu en 2012 un mémoire de Master 2 recherche sur Radio Libertaire, université Paris 1-Panthéon Sorbonne.

Présentation de son article ici.

José Emilio Pérez Martínez

Docteur en Histoire Contemporaine et professeur à l’Universidad Complutense de Madrid.

Présentation de son article ici.

Pauline Picot

Docteure en sociologie, chercheuse associée à l’URMIS, Université de Paris. Bénévole à Fréquence Paris Plurielle.

Présentation de son article ici.

Sebastien Poulain

Docteur en sciences de l’information et de la communication et associé au laboratoire MICA (EA 4426) de l’Université Bordeaux Montaigne.

Présentation de son article ici.

Ornella Rovetta

Enseignante à l’Université Saint Louis (Bruxelles, Belgique), chercheuse aux Archives de l’État en Belgique.

Présentation de son article ici.

Michel Sénécal

Professeur titulaire au département de Sciences humaines, lettres et communication, de l’Université TÉLUQ (Québec, Canada).

Chercheur régulier au Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information et la société (CRICIS).

Présentation de son article ici.

Lassané Yaméogo

Docteur en Information et Communication, Attaché de recherche à l’Institut des Sciences des Sociétés du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST) au Burkina Faso, chercheur associé à l’Université libre de Bruxelles.

Présentation de son article ici.

Thierry Lefebvre et Sebastien Poulain – Les mobilisations radiophoniques à distance et de proximité

Titre de l’article :

Les mobilisations radiophoniques à distance et de proximité

Auteurs :

Thierry Lefebvre et Sebastien Poulain

Présentation de l’article par Sebastien Poulain :

Cet article présente les textes de ce numéro et propose différentes notions utilisables :

– radios citoyennes de mobilisation (RCM) / radios citoyennes de mobilisation internationales (RCMI) / radios étatiques de mobilisation (REM)

– radiophonie autonome / radiophonie hétéronome

– mobilisations radiophoniques à distance / mobilisations radiophoniques de proximité

Présentation des auteurs :

Thierry Lefebvre

Membre du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS).

Sebastien Poulain

Docteur en sciences de l’information et de la communication et associé au laboratoire MICA (EA 4426) de l’Université Bordeaux Montaigne.

Référence électronique :

Thierry Lefebvre et Sebastien Poulain, « Les mobilisations radiophoniques à distance et de proximité », RadioMorphoses [En ligne], 8 | 2022, mis en ligne le 27 décembre 2022, consulté le 12 janvier 2023. URL : http://journals.openedition.org/radiomorphoses/3250 ; DOI : https://doi.org/10.4000/radiomorphoses.3250

Michel Sénécal – Historicité de la radiophonie et conflictualités sociales

Titre de l’article :

Historicité de la radiophonie et conflictualités sociales

Auteur :

Michel Sénécal

Présentation de l’article par Sebastien Poulain et Thierry Lefebvre :

L’article de Michel Sénécal se distingue des autres articles dans la mesure où il ne s’agit pas d’une étude de cas, mais d’une réflexion théorique et historique sur les mobilisations radiophoniques, en considérant les radios comme des « moyens de communication » parmi d’autres et en soulignant les rapports de force, les stratégies politiques et économiques, les intérêts des groupes sociaux, les conflits, les idéologies… dans lesquels ils sont pris. Ce texte constitue une sorte de seconde introduction au numéro.

Présentation de l’auteur :

Professeur titulaire au département de Sciences humaines, lettres et communication, de l’Université TÉLUQ (Québec, Canada).

Chercheur régulier au Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information et la société (CRICIS).

Référence électronique :

Michel Sénécal, « Historicité de la radiophonie et conflictualités sociales », RadioMorphoses [En ligne], 8 | 2022, mis en ligne le 27 décembre 2022, consulté le 12 janvier 2023. URL : http://journals.openedition.org/radiomorphoses/2509 ; DOI : https://doi.org/10.4000/radiomorphoses.2509

Raffaello Doro – De la clandestinité au web : radios libres italiennes et mobilité

Titre de l’article :

De la clandestinité au web : radios libres italiennes et mobilité des années soixante-dix à l’arrivée d’Internet (1970-2001)

Auteur :

Raffaello Doro

Présentation de l’article par Thierry Lefebvre et Sebastien Poulain :

Pour Raffaello Doro, la radio était, à la fin des années 1970, l’instrument le plus direct et immédiat pour espérer renverser le traditionnel rapport entre les émetteurs et les auditeurs. Et c’est possible grâce à des petits projets radiophoniques à coûts accessibles. Le vieux et gros média « radio » devient accessible à chacun à cette époque. Du moins, c’est ce que disent les militants qui prônent le « moyen pauvre ». L’écrivain et sociologue Danilo Dolci est à l’origine de cette théorie. Danilo Dolci (Radio Sicilia Libera), est, à l’époque, engagé depuis plusieurs années au côté des populations les plus humbles et pauvres en Sicile. Il choisit la radio comme l’instrument le plus direct et immédiat pour faire entendre la voix « de ceux qui d’habitude n’ont pas voix ». Selon la « théorie du moyen pauvre », « seul un équipement simple, fiable mais peu cher, peut assurer la multiplication des émetteurs, l’appropriation de la technique par tous les groupes sociaux demandeurs » (LACAN Jean-François, « Alfredo 78 de l’autre côté du média », Sonovision, avril 1978). Des radios de petites dimensions seraient capables d’assurer l’espace de parole et d’expression aux minorités et à tous les exclus de la communication selon les radiolibristes présents à la rencontre internationale ALFREDO 78. Cette dernière réunit les collectifs d’à peu près 300 radios en provenance de l’Italie, de l’Allemagne, de l’Espagne et de la France. Ces militants refusent tout recours à la publicité et préfèrent des financements issus des dons d’auditeurs, de l’organisation de concerts et autres événements. Ces idées sont reprises par la Fédération Nationale des Radios Libres non commerciales (FNRL) française dirigée par Jean Ducarroir sur lequel Thierry Lefebvre a publié une biographie. Jean Ducarroir a aussi appliqué la théorie au sein de sa radio : Radio 93. Raffaello Doro donne l’exemple de Radio Bologna qui applique aussi cette théorie en émettant depuis une roulotte.

Ainsi, Raffaello Doro récapitule les objectifs des radiolibristes de la fin des années 1970 :

– renverser le rapport entre les émetteurs et les auditeurs ;

– faire de la radio un média populaire.

– combler la carence d’informations au niveau local des autres médias ;

– faire une radio qui peut être complémentaire de la presse locale ;

– parler au micro ; de faire entendre leur musique préférée ;

– prendre du pouvoir sur le système d’information ;

– utiliser de nouvelles modalités de collecte des informations ;

– créer un nouveau rapport avec le public ;

– de devenir le porte-parole des luttes de cette période ;

– représenter des personnes ayant des identités minoritaires et les combats de reconnaissance de ces personnes…

La distance avec les événements a tendance à nous faire oublier la complexité du passé, des personnes, des objectifs…

Présentation de l’auteur :

Professeur à contrat en histoire contemporaine,

DEIM, Université de Viterbe, Italie

Référence électronique :

Raffaello Doro, « De la clandestinité au web : radios libres italiennes et mobilité des années soixante-dix à l’arrivée d’Internet (1970-2001) », RadioMorphoses [En ligne], 8 | 2022, mis en ligne le 22 décembre 2022, consulté le 12 janvier 2023. URL : http://journals.openedition.org/radiomorphoses/2569 ; DOI : https://doi.org/10.4000/radiomorphoses.2569

Ingrid Hayes – Radio Lorraine Cœur d’Acier, Longwy, 1979-1980

Titre de l’article :

Radio Lorraine Cœur d’Acier, Longwy, 1979-1980, un outil pour mobiliser les travailleurs immigrés ?

Auteur :

Ingrid Hayes

Présentation de l’article par Thierry Lefebvre et Sebastien Poulain :

Avec l’article d’Ingrid Hayes, il s’agit d’entrer dans une triple mobilisation : la défense de la sidérurgie (objectif principal) ; la défense des travailleurs immigrés contre le racisme (surtout les maghrébins qui font face à davantage de difficultés que les autres immigrés portugais et italiens) ; la défense des « radios libres » (C’est davantage un combat de facto et indirect qu’en soi.). La CGT – qui fonde LCA et qui la finance – a des objectifs de mobilisation à la fois complexes et évolutifs. Elle est à la fois contre l’arrivée de l’immigration (car elle met en concurrence les travailleurs), contre le racisme et pour la protection des travailleurs mais aussi contre les politiques migratoires des pays d’origine qui laissent partir leurs travailleurs pour diminuer leur chômage, et enfin contre leur départ car il signifie la fin de la sidérurgie.

Ingrid Hayes contextualise économiquement, socialement, syndicalement, politiquement, médiatiquement la création de l’émission. Elle s’intéresse aux objectifs (comme nous venons de le dire), aux contenus diffusés (les mobilisations, la condition immigrée, le logement, le travail et la répression policière) mais aussi aux effets.

De ce point de vue, la mobilisation résultante de ces émissions est à relativiser selon Ingrid Hayes : du côté des migrants (pas d’appels à la radio ou de présence dans les studios) comme du côté des non-migrants (peu actifs). Ingrid Hayes souligne les ambiguïtés de l’émission : une « rencontre radiophonique et militante demeurée limitée ». En effet, c’est en soi une réussite que d’avoir mis en place cette émission. D’autant plus que c’est la seule « autoproduction ouvrière » de la radio.

L’émission était diffusée le dimanche, c’est-à-dire « en relative extériorité par rapport au reste des programmes ». Le combat pro-immigrés était donc à la fois pris au sérieux par LCA/CGT, mais secondaire par rapport au combat pro-sidérurgie. Le combat pour l’un devait servir l’autre (voire un troisième avec celui des « radios libres »). Mais le côté secondaire était un inconvénient (faible mobilisation, oublie historiographique) et un avantage : la liberté d’expression que cela donne grâce à l’absence de domination symbolique des professionnels non migrants. Cela aurait été plus compliqué si l’émission avait été animée par les deux journalistes professionnels emblématiques Marcel Trillat et Jacques Dupont. Si la radio LCA était un média de mobilisation avec plus ou moins de réussite, il a avant tout été le projet d’un collectif qui s’est mobilisé pour créer un animer une émission et qui est monté en compétences : expression orale, distribution de la parole, animation d’un programme, programmation éditoriale… Cette émission annonce la lutte contre le racisme dans les années 1980 et la création de radio dites « communautaires ».

Présentation de l’autrice :

Maîtresse de conférences en histoire.

Université Paris Ouest Nanterre (IDHES, UMR 8533).

Référence électronique :

Ingrid Hayes, « Radio Lorraine Cœur d’Acier, Longwy, 1979-1980, un outil pour mobiliser les travailleurs immigrés ? », RadioMorphoses [En ligne], 8 | 2022, mis en ligne le 27 décembre 2022, consulté le 12 janvier 2023. URL : http://journals.openedition.org/radiomorphoses/2630 ; DOI : https://doi.org/10.4000/radiomorphoses.2630

Olga Bautista Cosa, Carla Bezanilla Rebollo et José Emilio Pérez Martínez – Activismo feminista y emigración

Titre de l’article :

Activismo feminista y emigración: el caso del podcast Radio Conchita y las migrantes españolas en París (2019-2021)

Autrices et auteur :

Olga Bautista Cosa, Carla Bezanilla Rebollo et José Emilio Pérez Martínez

Présentation de l’article par Thierry Lefebvre et Sebastien Poulain :

Olga Bautista Cosa, Carla Bezanilla Rebollo et José Emilio Pérez Martínez ont travaillé sur Radio Conchita qui est un podcast fondé par des étudiant.e.s militant.e.s féministes et qui a été produit et diffusé pendant quelques mois. En plus d’un outil de mobilisation, ce média a été un outil de socialisation. Il semble avoir permis de faire la transition entre la socialisation sans doute forte dans le pays d’origine et la socialisation faible dans le pays d’accueil à travers un projet radiophonique.

Le podcast est particulièrement flexible pour des étudiant.e.s qui ne restent que quelques mois dans un pays et qui ont de nombreuses possibilités de socialisation dans le pays d’accueil. Mais c’est aussi une difficulté pour le faire durer au-delà de quelques mois.

Cela témoigne de la difficulté des étudiant.e.s à créer des médias qui perdurent dans le temps même s’il existe en France beaucoup de radios étudiantes (notamment le réseau Radio Campus), dont beaucoup perdurent dans le temps et sont autonomes par rapport aux « non étudiant.e.s » (les institutions universitaires et les collectivités locales).

Présentation des autrices et de l’auteur :

Olga Bautista Cosa

Docteure en Socio-Anthropologie par l’Universidad Complutense de Madrid.

Carla Bezanilla Rebollo

Doctorante à l’Université Paris 8 (LER) et à Universitat de València.

José Emilio Pérez Martínez

Docteur en Histoire Contemporaine et professeur à l’Universidad Complutense de Madrid.

Référence électronique :

Olga Bautista Cosa, Carla Bezanilla Rebollo et José Emilio Pérez Martínez, « Activismo feminista y emigración: el caso del podcast Radio Conchita y las migrantes españolas en París (2019-2021) », RadioMorphoses [En ligne], 8 | 2022, mis en ligne le 27 décembre 2022, consulté le 12 janvier 2023. URL : http://journals.openedition.org/radiomorphoses/2701 ; DOI : https://doi.org/10.4000/radiomorphoses.2701

Lassané Yaméogo et Emma Heywood – La radio et le défi de la mobilisation contre la COVID-19

Titre de l’article :

La radio et le défi de la mobilisation contre la COVID-19 : exemple des personnes déplacées internes à Kaya, Pissila et Kongoussi au Burkina Faso

Auteur et autrice :

Lassané Yaméogo et Emma Heywood

Présentation de l’article par Thierry Lefebvre et Sebastien Poulain :

Dans l’article de Lassané Yaméogo et Emma Heywood, il est question de mobiliser une population lors de crises qui se surajoutent. Une crise sanitaire fulgurante – celle liée au Covid 19 – se produit dans un territoire – le Burkina-Faso – souffrant déjà de crises multidimensionnelles majeures : sécuritaires et humanitaires. Les Personnes déplacées internes (PDI) sont des personnes qui sont, par définition, déterritorialisées et désocialisées. Elles ont perdu leurs repères habituels géographiques, temporels, y compris médiatiques et informationnels. Or, lors d’une pandémie, chaque information sur celle-ci (mode de transmission, stratégie médicale…) peut avoir des conséquences majeures : nombre de personnes malades, nombre de personnes hospitalisées…  La population se trouve face à une très grande incertitude et à beaucoup d’inconnu. D’autant plus que les scientifiques les plus qualifiés sont eux-mêmes en grande difficulté pour apporter des réponses simples et définitives. Dans un tel contexte, les informations fausses ont potentiellement un espace infini pour se diffuser du fait de la médiatisation personnelle via la possession de téléphones portables mis en réseau sur internet et plus précisément sur les réseaux sociaux.

Face à cette grande fluidité, les radios et globalement les médias traditionnels peuvent jouer un rôle de solidification informationnelle. Ils peuvent se transformer en institutions de substitution à d’autres institutions défaillantes. Dans le cas présent des PDI du Burkina-Faso, les radios sont devenues des outils alternatifs aux institutions militaires et policières qui ne sont pas capables de maintenir la sureté et la sécurité sur le territoire national ; et aux institutions de santé (les « agents de santé ») trop peu nombreuses et trop peu visibles. Ces radios instituent, stabilisent, gèrent, organisent, rassurent, socialisent, et surtout sauvent leurs auditeurs. 

La spécificité en ce qui concerne les PDI du Burkina-Faso est que la radio est le média le plus massivement utilisé et est considéré comme le plus fiable. En cas de crise, ses informations sont donc vitales pour les personnes qui ont la chance de posséder postes de radio – surtout les hommes -, même si l’écoute est de toute façon en grande partie collective. Une autre spécificité tout aussi importante est le fait que la production radiophonique est, elle aussi, collective. Cette forte proximité des radios avec leurs auditeurs a permis une bonne sensibilisation pour l’appropriation des mesures barrières et consignes sanitaires. Cette production et écoute collective n’empêche pas la discussion mais permet de partir d’une base commune.

Il est difficile de généraliser à partir de cette étude compte-tenu de la spécificité de la population étudiée (leur extrême précarité), du contexte dans lequel elle vit (une crise multidimensionnelle), des sources d’information (peu nombreuses et concentrées) dont elle dispose. Mais on voit que la centralisation (dans quelques médias) et collectivisation (au niveau de la production et de la réception) de l’information facilitent la confiance dans l’information diffusée et donc la gestion de la population. De plus, il est difficile d’imaginer que les choses resteront telles quelles à l’avenir car l’équipement en téléphonie va sans doute augmenter. Il y aura donc de plus en plus de dispersion des sources d’information. Il faut espérer aussi que les crises – ou certaines d’entre elles – vont s’atténuer, voire s’arrêter. La radio jouera donc sans doute un rôle moindre. Les nouveaux médias que sont les réseaux sociaux sont interactifs, démocratiques et créent/maintiennent des liens entre des individus mais ils peuvent avoir pour défaut de dissoudre le collectif et affaiblir la société.

Présentation de l’autrice et de l’auteur :

Lassané Yaméogo

Docteur en Information et Communication, Attaché de recherche à l’Institut des Sciences des Sociétés du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST) au Burkina Faso, chercheur associé à l’Université libre de Bruxelles

Emma Heywood

Chercheuse et maîtresse de conférences en journalisme, radio et communication à l’université de Sheffield, Royaume-Uni

Référence électronique :

Lassané Yaméogo et Emma Heywood, « La radio et le défi de la mobilisation contre la COVID-19 : exemple des personnes déplacées internes à Kaya, Pissila et Kongoussi au Burkina Faso », RadioMorphoses [En ligne], 8 | 2022, mis en ligne le 27 décembre 2022, consulté le 12 janvier 2023. URL : http://journals.openedition.org/radiomorphoses/2752 ; DOI : https://doi.org/10.4000/radiomorphoses.2752

Wisnique Panier – Les fondements des relations entre les Haïtiens de la diaspora et Haïti

Titre de l’article :

Les fondements des relations entre les Haïtiens de la diaspora et Haïti : transnationalisme et participation au débat radiophonique

Auteur :

Wisnique Panier

Présentation de l’article par Thierry Lefebvre et Sebastien Poulain :

Wisnique Panier travaille sur les efforts des diasporas haïtiennes pour peser de façon directe et instantanée ou indirecte et non instantanée sur les radios haïtiennes – qui constituent une partie importante de l’espace public haïtien – et plus globalement sur les politiques haïtiennes à défaut de pouvoir intervenir dans la politique via les urnes (ils ont déjà un fort poids économique). Ces radios deviennent véritablement mondiales grâce à la facilité technique pour les suivre, les écouter et y participer (même si ce sont les élites qui ont tendance à monopoliser). Il est devenu plus facile de participer à une radio du pays d’origine que de créer sa propre radio (Pauline Picot ; Marie Fierens et Ornella Rovetta) ou sa propre émission (Ingrid Hayes) ou de relayer des émissions haïtiennes dans le pays d’accueil, comme cela se faisait jusqu’à présent. Mais cette intervention se fait par substitution, c’est-à-dire à défaut d’une socialisation dans le pays d’origine – dans lequel ils ne peuvent plus vivre – comme dans le pays de l’accueil – dans lequel ils ont aussi des difficultés à vivre. Le transnationalisme radiophonique est un phénomène de compensation pour des personnes qui se pensent haïtiennes mais qui ne le sont plus du fait de la perte de la nationalité après leur départ. Cela ne va pas sans difficulté puisque les grands acteurs internationaux du numériques aspirent ici, comme ailleurs, une grande partie du principal moyen de financement : la publicité.

La reconfiguration de l’espace public haïtien en général et l’espace public radiophonique en particulier à l’ère du numérique montre une nouvelle forme de mobilisation transnational liées à des évolutions sociales, culturelles, historiques, politiques, économiques. Si cette évolution est spécifique à ce pays qui est à l’origine de diasporas très nombreuses et, selon l’auteur, moins bien intégrées à l’étranger, elle donne une idée des évolutions diasporiques actuelles où les migrants peuvent garder un contact permanent avec leurs réseaux amicaux, professionnels, familiaux grâce aux réseaux sociaux numériques. Il y a une double culture : une culture de cœur – pour un pays d’origine – et une culture de raison – pour un pays d’accueil. Cette « schizophrénie » ne semble pouvoir se résoudre que par l’amélioration des conditions de vie dans le pays d’origine comme dans le pays d’accueil. En effet, il y a une double responsabilité des États : les pays d’origine qui ne parviennent pas à retenir leur population et les pays d’accueil qui rejettent en partie ces populations. Il apparait nécessaire de réfléchir aux résultats de cette recherche compte-tenu des évolutions migratoires actuelles qui vont sans doute s’accentuer avec les crises écologiques et qui concerneront tous les pays.

Présentation de l’auteur :

Doctorant en communication publique au département d’information et de communication de la Faculté des lettres de l’université Laval. Il est membre de la commission recherche de l’Université Laval (CRUL) et membre fondateur du Centre d’études interdisciplinaires sur les médias haïtiens (CEIMH).

Référence électronique :

Wisnique Panier, « Les fondements des relations entre les Haïtiens de la diaspora et Haïti : transnationalisme et participation au débat radiophonique », RadioMorphoses [En ligne], 8 | 2022, mis en ligne le 27 décembre 2022, consulté le 12 janvier 2023. URL : http://journals.openedition.org/radiomorphoses/2804 ; DOI : https://doi.org/10.4000/radiomorphoses.2804